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Sur la route
Le train de nuit revient partout en Russie
Pendant que l'Europe redécouvre le train de nuit, la Russie ne l'a jamais abandonné. Sept cents trains couchettes circulent chaque nuit, du plus modeste au plus soigné, et c'est encore la façon la plus juste de sentir les distances du pays.
· 3 min de lecture · par Aventurusse
On monte à vingt-trois heures à Moscou, on se réveille sur la Volga. Entre les deux, personne n'a conduit, personne n'a cherché un hôtel, et le billet coûte moins qu'une nuit dans ce même hôtel. C'est l'argument que nous servons à tous nos voyageurs qui hésitent, et il n'a jamais eu à être défendu bien longtemps.
Quatre classes, et deux seulement vous concernent
Un train de nuit russe se lit d'abord à sa classe de voiture. Le vocabulaire fait peur trois minutes, puis il ne sert plus.
- Luxe (СВ) — deux couchettes par compartiment, la porte se ferme, le linge et le petit-déjeuner sont compris. C'est le confort d'une cabine de bateau, pour le prix d'un bon hôtel de province.
- Coupé (Купе) — quatre couchettes, porte fermée. Le meilleur rapport entre le prix et le sommeil, et ce que nous réservons par défaut pour nos groupes.
- Platskart (Плацкарт) — la voiture-dortoir ouverte, cinquante-quatre couchettes. Très bon marché, très vivant, très peu intime. À faire une fois par curiosité, pas trois nuits d'affilée.
- Sidiatchi (Сидячий) — des sièges, pas des lits. Pour les trajets de jour uniquement.
Les voitures neuves des lignes principales — Moscou – Saint-Pétersbourg, Moscou – Kazan, Moscou – Nijni Novgorod — ont des prises électriques à chaque couchette, une douche par voiture et un éclairage de lecture individuel. Sur les lignes secondaires, la voiture peut avoir vingt ans. Le samovar d'eau bouillante en bout de couloir, lui, est partout, et il est gratuit.
Le billet se prend au nom du passeport
Un billet de train russe est nominatif et porte le numéro du passeport. Une faute de frappe et le contrôleur refuse la montée : c'est la seule vraie difficulté de la réservation, et c'est aussi pour cela que nous la faisons nous-mêmes pour nos voyageurs.
Réserver quand la carte européenne ne passe pas
C'est le vrai obstacle, et il n'a rien à voir avec le train. Le site des chemins de fer russes n'accepte que les cartes émises en Russie ; une carte Visa ou Mastercard française y est refusée sans explication. Nous détaillons le sujet dans notre article sur les moyens de paiement quand la carte européenne ne passe pas, et Thomas l'explique en détail dans son billet sur les cartes bancaires françaises en Russie.
Trois solutions : le guichet de gare, en espèces, qui marche toujours ; un proche disposant d'une carte MIR ; ou une agence. Pour nos voyageurs, les billets sont pris avant leur arrivée et remis imprimés le premier jour.
Ce qu'on emporte, ce qu'on laisse
- Des chaussons ou des tongs : personne ne garde ses chaussures dans un compartiment.
- Un gobelet et du thé — l'eau bouillante est gratuite, le thé du wagon-restaurant ne l'est pas.
- Une petite serviette : le drap et la housse sont fournis, la serviette pas toujours.
- De quoi manger le premier soir. Le wagon-restaurant existe sur les grandes lignes, mais il ferme tôt.
- Un cadenas de valise. Rien de plus : les vols sont rares, et le compartiment se ferme de l'intérieur.
Nos trois lignes préférées
La Flèche rouge, Moscou – Saint-Pétersbourg, part à 23 h 55 et arrive à 7 h 55 : le trajet historique, dans des voitures bordeaux entretenues comme un salon. C'est celui de notre départ de septembre, et il évite une nuit d'hôtel.
Moscou – Kazan, huit heures de nuit pour arriver au pied du kremlin blanc de Kazan. Et bien sûr le Transsibérien, dont nous racontons ailleurs les sept jours entre Moscou et Vladivostok — un train de nuit qui dure une semaine.
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Neuf mille deux cent quatre-vingt-huit kilomètres, sept fuseaux horaires, cent quarante-six heures de train. Le trajet le plus long du monde en une seule rame — et l'un des rares voyages où l'on sent physiquement la taille d'un pays.

Prendre l'avion à l'intérieur de la Russie
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