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Sur la route

Moscou – Vladivostok : sept jours dans le Transsibérien

Neuf mille deux cent quatre-vingt-huit kilomètres, sept fuseaux horaires, cent quarante-six heures de train. Le trajet le plus long du monde en une seule rame — et l'un des rares voyages où l'on sent physiquement la taille d'un pays.

· 3 min de lecture · par Aventurusse

Le train n° 001 « Rossiya » part de la gare de Iaroslavl à Moscou et arrive à Vladivostok six nuits plus tard. Ce n'est pas un train touristique : c'est une ligne régulière, avec des gens qui montent à Omsk pour descendre à Krasnoïarsk, et c'est très bien ainsi.

Jour 1 — Moscou, et la sortie de l'Europe

Départ en fin d'après-midi. Les datchas défilent pendant deux heures, puis la forêt commence et ne s'arrêtera plus. On s'installe : la couchette du bas se transforme en banquette la journée, celle du haut reste un lit. Première tasse de thé au samovar. Le train roule à quatre-vingt-dix kilomètres à l'heure de moyenne, arrêts compris, et cette lenteur est le sujet du voyage.

Jour 2 — l'Oural, et la frontière des continents

Vers 1 777 km, une stèle sur le ballast marque la limite entre l'Europe et l'Asie. Le train ne s'y arrête pas ; on la guette par la fenêtre. Iekaterinbourg vient ensuite, quarante minutes d'arrêt — assez pour descendre, marcher sur le quai et acheter des piroguis aux babouchkas. C'est aussi une ville où il vaut la peine de s'arrêter deux jours, si l'on coupe le trajet.

Jour 3 — la Sibérie occidentale, plate à perte de vue

Omsk, Novossibirsk. La plaine de Baraba, marécageuse, où l'horizon ne bouge pas pendant huit heures. C'est la journée que les voyageurs redoutent et qu'ils finissent par préférer : on lit, on parle, on ne fait rien, et le paysage passe. Novossibirsk est la troisième ville de Russie et l'on y arrive de nuit.

Jour 4 — Krasnoïarsk et l'Ienisseï

Le paysage se lève enfin : collines, pins, le fleuve Ienisseï large de deux kilomètres. Le pont de Krasnoïarsk a reçu la médaille d'or de l'Exposition universelle de 1900, en même temps que la tour Eiffel. Vingt minutes d'arrêt.

La vie à bord, en trois règles

L'heure de Moscou règne sur tous les horaires affichés, du départ à l'arrivée : la montre du couloir ne suit pas le soleil. La douche existe dans une voiture sur deux, contre quelques centaines de roubles. Et le compartiment se partage : on y dit bonjour, on y offre du thé, et on y apprend plus de russe en trois jours que dans un manuel.

Jour 5 — le Baïkal, la plus belle heure du voyage

Après Irkoutsk, la voie descend vers le lac et le longe pendant deux cents kilomètres, parfois à dix mètres de l'eau. C'est le moment que tout le monde attend et il tient ses promesses. Beaucoup de voyageurs coupent ici pour deux ou trois jours : c'est ce que nous conseillons, et notre article sur l'île d'Olkhon en été dit pourquoi. La page du lac Baïkal donne le reste.

Jour 6 — la Bouriatie, puis la longue Amour

Oulan-Oudé et sa tête de Lénine de sept mètres, la plus grande du monde. Les datsans bouddhistes, les steppes. Puis la région de l'Amour, la plus longue journée du parcours : peu de villes, beaucoup de taïga, et un fleuve qui fait frontière avec la Chine.

Jour 7 — Vladivostok

Arrivée en début de matinée, borne du kilomètre 9288 sur le quai. La mer, les collines, les ponts : Vladivostok ne ressemble à rien de ce qu'on a traversé, et c'est le meilleur épilogue possible.

Comment nous le faisons

Notre conseil, après l'avoir fait plusieurs fois : ne faites pas les sept jours d'un trait. Coupez à Iekaterinbourg et au Baïkal. Le trajet devient un voyage de trois semaines, on dort deux fois dans un vrai lit, et on garde de la Sibérie autre chose qu'une fenêtre. Nous montons ce parcours en voyage sur mesure, et un départ accompagné figure dans nos voyages de groupe.

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