Patrimoine
L'Anneau d'Or en cinq villes, et pas une de plus
On appelle Anneau d'Or huit villes anciennes du nord-est de Moscou. Huit, c'est le chiffre des brochures : trois d'entre elles ne justifient pas le trajet. Voici les cinq que nous emmenons voir, et ce qu'on y regarde.
· 3 min de lecture · par Aventurusse
L'expression date de 1967 : un journaliste soviétique cherchait un nom pour un itinéraire touristique, et l'a trouvé bon. Derrière l'étiquette il y a de la vraie histoire — ces villes ont précédé Moscou, et c'est là que s'est formée la Russie du Nord-Est, entre le XIe et le XIIIe siècle.
Souzdal — la seule ville-musée
Onze mille habitants, quarante églises, aucun immeuble. Souzdal a échappé au chemin de fer au XIXe siècle et à l'industrie au XXe, et elle en est restée intacte. Le kremlin de terre, la cathédrale de la Nativité aux coupoles bleues étoilées, le monastère Saint-Euthyme et ses murailles de brique rouge, le musée d'architecture en bois au bord de la Kamenka.
C'est la seule des cinq où nous conseillons de dormir. Une nuit sur place, et l'on a le monastère à sept heures du matin sans personne.
Vladimir — la Porte Dorée et deux cathédrales
À trente kilomètres de Souzdal, Vladimir fut la capitale de la Rus' avant Moscou. La Porte Dorée de 1164 tient encore debout au milieu d'un carrefour. La cathédrale de la Dormition abrite des fresques d'Andreï Roublev ; celle de Saint-Dimitri, plus petite, porte mille trois cents sculptures sur ses murs extérieurs — animaux, saints, monstres.
Une demi-journée suffit. Le train rapide met une heure quarante depuis Moscou, ce qui en fait la porte d'entrée naturelle de l'Anneau.
Serguiev Possad — la laure de la Trinité-Saint-Serge
Le grand monastère russe, siège spirituel du pays, à soixante-dix kilomètres de Moscou. Onze églises dans une seule enceinte, une cathédrale à coupoles bleues et or, et un clocher de quatre-vingt-huit mètres. C'est un lieu vivant : on y croise des pèlerins, pas des files de cars.
Tenue et photos
Ce sont des monastères en activité. Épaules couvertes, et un foulard pour les femmes à l'intérieur des églises — il s'en prête à l'entrée. La photo est tolérée dans les cours, presque jamais pendant un office.
Rostov Veliki — le kremlin au bord du lac
Le plus beau kremlin de l'Anneau, ses murs blancs se reflétant dans le lac Nero. Rostov est petite, un peu délaissée, et c'est précisément ce qui en fait le charme : on y marche seul sur les remparts. La ville est aussi la capitale de l'émail peint, la finift, qu'on voit se faire dans deux ateliers.
Iaroslavl — la ville, enfin
Six cent mille habitants, un centre du XVIIe siècle classé à l'UNESCO, un quai sur la Volga long de deux kilomètres. Après quatre bourgades, Iaroslavl fait du bien : des restaurants, un théâtre, des gens qui vivent là. L'église Saint-Élie-le-Prophète et ses fresques du sol au plafond valent à elles seules l'arrêt.
Les trois qu'on saute, et pourquoi
Kostroma a brûlé en 1773 et s'est reconstruite en plan radial : agréable, mais on y voit surtout des arcades marchandes du XIXe. Ivanovo est une ville textile soviétique ; son intérêt est réel mais très spécialisé — l'architecture constructiviste. Pereslavl-Zalesski a un beau lac et cinq monastères dispersés, sans transport public entre eux : une journée pour ce que Souzdal donne en deux heures.
Comment on l'organise
Quatre jours au départ de Moscou suffisent : Vladimir et Souzdal (nuit à Souzdal), Rostov et Iaroslavl (nuit à Iaroslavl), Serguiev Possad au retour. En voiture avec chauffeur, parce que les liaisons ferroviaires entre ces villes sont mauvaises — c'est le seul endroit de Russie où nous ne conseillons pas le train.
L'Anneau d'Or s'ajoute très bien à un séjour à Moscou, et nous le montons volontiers en extension de quatre jours : dites-nous vos dates.
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