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Le lac Baïkal en été : Olkhon, le rocher du Chaman et les serges

Un cinquième de l'eau douce non gelée de la planète, mille six cent quarante-deux mètres de fond, vingt-cinq millions d'années. Et au milieu, une île de soixante-douze kilomètres où le chamanisme n'a jamais cessé d'être pratiqué.

· 3 min de lecture · par Aventurusse

On vient au Baïkal pour l'eau — et c'est vrai, elle est d'une transparence qu'on ne croit pas avant de la voir : quarante mètres de visibilité par temps calme. Mais ce qu'on en rapporte, presque toujours, c'est Olkhon.

L'île, et pourquoi elle compte

Olkhon fait soixante-douze kilomètres de long sur quinze de large, et sépare le lac en deux : à l'ouest le Petit Lac, peu profond et tiède ; à l'est le Grand Lac et ses abysses. Quinze cents habitants, un seul village important, Khoujir, et une route de terre qui remonte vers le nord.

C'est un lieu saint du chamanisme bouriate, l'un des neuf de l'Asie. On n'y vient pas seulement pour le paysage : on y vient parce qu'il y a encore des gens qui y font des offrandes, et cela se sent.

Le rocher du Chaman

Deux pitons de marbre blanc et rouge, à la sortie de Khoujir, reliés à l'île par une langue de sable. La grotte qui les traverse était l'un des sanctuaires bouriates majeurs ; jusqu'au XXe siècle, les femmes n'avaient pas le droit d'en approcher, et les cavaliers descendaient de cheval et enveloppaient les sabots pour ne pas faire de bruit en passant.

Aujourd'hui on y monte, mais on s'y tient bien. C'est ce rocher que notre page d'accueil montre en trois dimensions, et c'est là que se prend la photographie que tout le monde connaît : au soleil couchant, depuis la plage au nord.

Les serges

Sur la crête au-dessus de la plage se dressent treize poteaux de bois noués de rubans de couleur : les serge. Ce sont, à l'origine, des poteaux d'attache pour les chevaux des esprits. Chaque ruban est un vœu. On les photographie beaucoup ; on n'y touche pas, et on ne noue rien soi-même si l'on n'est pas du lieu.

Onze degrés, et cela ne se négocie pas

L'eau du Baïkal atteint 11 à 14 °C en août dans le Petit Lac, 6 à 8 °C dans le Grand. On s'y baigne : quatre-vingt-dix secondes, en criant, et l'on en parle pendant dix ans. Le sable des plages de Khoujir, lui, est brûlant.

Le cap Khoboï, tout au nord

Une journée en UAZ — le vieux minibus soviétique à quatre roues motrices, seule chose qui passe sur ces pistes — mène à la pointe nord de l'île. Falaises, rochers en dents de scie, et le lac ouvert de part et d'autre. La sortie comprend traditionnellement une soupe de poisson préparée sur le rivage par le chauffeur. C'est un cliché touristique, et c'est très bon.

Y aller, et quand

  • Depuis Irkoutsk : 250 km de route, cinq à six heures, puis un bac gratuit de vingt minutes. Un minibus part chaque matin ; nous mettons un véhicule privé pour nos voyageurs, la route est longue.
  • Juillet et août : le seul vrai été, 20 à 25 °C, journées interminables. Aussi la seule période où il y a du monde à Khoujir.
  • Fin août – septembre : notre saison préférée. Il fait encore beau, les moustiques sont partis, les hébergements se libèrent.
  • Février – mars : un autre voyage, sur la glace transparente. Le bac est remplacé par une route tracée sur le lac gelé. Magnifique, exigeant, et il faut être équipé.

Où dormir

Des maisons d'hôtes en bois à Khoujir, simples : chauffage, eau chaude, pas toujours le confort d'un hôtel. L'électricité n'est arrivée sur l'île qu'en 2005. C'est un endroit où l'on accepte la rusticité, ou l'on ne vient pas.

Trois nuits sur l'île sont le bon compte. Le Baïkal se combine naturellement avec un tronçon du Transsibérien : la ligne longe le lac sur deux cents kilomètres avant Irkoutsk. La page du lac Baïkal donne les repères pratiques, et nous le montons volontiers en voyage sur mesure.

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